Polémique à propos de la chaleur

Simon Eberhard /

L’avenir appartient aux pompes à chaleur. Néanmoins, les ventes en Suisse stagnent – les obstacles administratifs, mais aussi les contraintes administratives rendent la vie difficile aux propriétaires intéressés. L’innovation des produits peut aider.

Si, depuis Copenhague, nous traversons l’impressionnant pont de l’Öresund et que l’on se dirige ensuite vers le nord sur les terres suédoises, l’agitation métropolitaine semble très vite lointaine. Vous vous déplacez dans des paysages typiques que l’on peut qualifier de suédois: forêts, lacs, prairies, les maisons n’étant que sporadiques. Au milieu de cette nature idyllique, Markaryd, à environ 130 kilomètres au nord de Malmö, il se trouve chez lui, c’est l’un des plus grands fabricants européens de pompes à chaleur. NIBE Industrier AB a non seulement son siège ici, mais aussi plusieurs halles de production.
L’agitation suédoise y est omniprésente: en activité assidue, mais pas en agitation nerveuse. Le degré élevé d’automatisation y contribue également: une grande partie du travail d’assemblage complexe est réalisée par des robots. Cela permet au fabricant de répondre à la demande croissante de ses produits.
En 2016, le chiffre d’affaires du groupe s’élevait à plus de 15 milliards de couronnes suédoises – environ 1,8 milliard de francs suisses – dont environ 62 % provenaient de «business unit Climate Solutions», qui comprend la production des pompes à chaleur.
Avec une stratégie axée sur la durabilité et la croissance, l’entreprise provinciale suédoise, fondée en 1949, s’est développée pour devenir un groupe d’entreprises actives à l’échelle internationale, avec un accent sur la durabilité et la croissance. Elle emploie plus de 11 000 personnes dans le monde entier, y compris en Suisse. Outre sa propre marque, d’autres entreprises telles qu’Alpha Innotec et Schulthess appartiennent au groupe. L’autonomie reste une priorité absolue. La stratégie marketing est de permettre aux marques connues et traditionnelles dans les pays respectifs de survivre en tant que telles – c’est la stratégie de marketing du sud de la Suède.


40 % de part de marché
Les chiffres de croissance du groupe NIBE sont impressionnants et reflètent la tendance mondiale vers des sources de chaleur respectueuses du climat.
Les pompes à chaleur ont également gagné du terrain en Suisse au cours des 40 dernières années, notamment entre 1998 et 2008: le nombre de pompes à chaleur vendues chaque année a plus que triplé au cours de cette période (voir graphique). Toutefois, les ventes ont stagné au cours des dix dernières années, mais à un niveau respectable: avec 18 472 articles vendus en 2016, les pompes à chaleur ont atteint une part de marché de 40 % par rapport à l’ensemble des générateurs de chaleur vendus pour les systèmes de chauffage; dans le cas des bâtiments neufs, ce chiffre atteint 85 %. Dans toute la Suisse, environ 250 000 pompes à chaleur sont actuellement installées. Selon l’objectif fixé par la Confédération dans le cadre de la stratégie énergétique 2050, le chiffre à atteindre devrait être de 400 000 d’ici à 2020.
Compte tenu des deux années restantes jusqu’en 2020, cet objectif semble très ambitieux. Si l’on compare les chiffres de vente avec les chiffres nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques, «on constate un déficit de plusieurs milliers d’unités par an», écrit, dans son rapport annuel pour 2016, le groupement professionnel suisse pour les pompes à chaleur (GSP). Les raisons étant certainement les conditions cadres défavorables et la faiblesse actuelle des prix de l’énergie, qui ont leurs effets restrictifs. Afin de rendre l’achat d’une pompe à chaleur plus attrayant financièrement, 19 cantons suisses ont mis en place des programmes de promotion pour aider les propriétaires à remplacer les systèmes de chauffage au mazout et au gaz par des pompes à chaleur.

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