De l’énergie propre grâce à de l’eau sale

Simon Eberhard /

Les usines de traitement des eaux usées fournissent non seulement de l’eau propre, mais libèrent aussi des boues qui peuvent produire de la chaleur et de l’électricité. L’un des derniers équipements suisses se trouve au nord de Berne. Entre autres, il fournit en biogaz les autobus de la société de transports Bernmobil.

Pour la plupart des Suissesses et des Suisses, le passage aux toilettes se termine lorsque le bouton de la chasse d’eau est enfoncé. Pour Beat Ammann, par contre, cela ne devient vraiment excitant qu’à partir de ce moment-là. Depuis 15 ans, il est directeur de la station d’épuration des eaux usées de la région de Berne.
Et la fascination pour sa fonction soidisant «peu attrayante» se manifeste lorsqu’il guide les visiteurs dans les locaux de son entreprise. Ce n’est pas étonnant, car derrière le processus apparemment simple du traitement des eaux usées se cache un processus complexe qui peut servir de modèle pour l’utilisation efficace des ressources. Environ 90 millions de litres d’eau arrivent et traversent chaque jour la station d’épuration des eaux usées (STEP) de Berne, dont la zone comprend douze municipalités, un bassin versant bernois avec quelque 340 000 habitants et pendulaires. Au quotidien, environ 800 mètres cubes de boue putride sont libérés de l’eau. Mais l’usine de «nettoyage», avec ses 30 employés, a non seulement pour tâche principale de purifier l’eau; c’est, en fait, un producteur d’énergie. On utilise la chaleur perdue de l’eau purifiée pour chauffer les zones résidentielles adjacentes et on produit du biogaz à partir des boues de qualité. «La STEP de Berne est l’une des installations les plus modernes en Europe», note avec fierté Beat Ammann.


Système d’égouts ramifié
Avant que les eaux usées arrivent à la station d’épuration, elles s’écoulent et traversent un vaste réseau souterrain de canalisation, dans la région de Berne. Les canalisations sont organisées selon le système mixte ou séparatif: d’une part, les eaux usées et, d’autre part, les eaux pluviales ou claires. Lors de fortes précipitations – jusqu’à 200 millions de litres en 10 minutes – le volume d’eau dépasse la capacité du système de canalisations, raison pour laquelle une partie de l’eau de pluie et des eaux usées sont déversées parfois dans l’Aar.
Afin de réduire de tels cas de figure à un minimum, la construction de réservoirs d’eaux pluviales a été lancée il y a plusieurs années, permettant ainsi de nettoyer tant que faire se peut l’eau avant de la rejeter dans l’Aar. Les contaminants collectés sont pompés à partir de là, puis retour à la canalisation afin de rejoindre les eaux usées normales de la STEP bernoise.

...