Réduction de la consommation de chaleur

Exploitation optimisée

Dr Benedikt Vogel, sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) /

Une inspection régulière et le réajustement des installations énergétiques dans les très grands immeubles commerciaux et résidentiels sont aujourd’hui la norme. Cette «optimisation de l’exploitation énergétique» réduit la consommation et permet d’économiser des frais d’énergie. Comme l’indique un projet de recherche réalisé sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie et terminé depuis peu, l’investissement financier pour de tels contrôles est également rentable pour les bâtiments de petite et de moyenne taille: la consommation énergétique pour la chaleur de chauffage et l’eau chaude a été réduite de 5 % en moyenne dans les 500 biens immobiliers (un total de 1300 bâtiments) après que des spécialistes ont réajusté les installations énergétiques sur place et suggéré des améliorations. Les auteurs de l’étude recommandent d’optimiser l’exploitation énergétique dans les bâtiments de petite et de moyenne taille tous les cinq ans environ.

Le thème de l’optimisation d’exploitation est aussi ancien que l’humanité. En tout cas, même dans l’Antiquité, il ne suffisait pas de construire de magnifiques bains et autres installations techniques. A cette époque déjà, les chefs-d’œuvre architecturaux devaient être inspectés régulièrement pour assurer une exploitation pratique et conforme à l’usage prévu. L’eau chaude était un bien précieux, et on peut au moins supposer que les Grecs et les Romains réalisaient déjà des optimisations de processus comme celles que nous appelons aujourd’hui «optimisations de l’exploitation énergétique».
Dans les années 1970, la crise du prix du pétrole a rappelé les limites des ressources énergétiques fossiles et appelé à une utilisation économique de l’énergie. Depuis lors, les optimisations de l’exploitation énergétique dans les bâtiments se sont largement répandues. Aujourd’hui, non seulement la fonctionnalité du système de chauffage a été testée dans le cadre d’inspections, mais la consommation des ressources a été réduite en optimisant la courbe de chauffage ou en évitant si possible le chauffage des locaux résidentiels et commerciaux inutilisés.

Optimiser les systèmes énergétiques dans l’exploitation
A la mi-2015, la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) a défini dans une brochure (SIA2048:2015) comment une optimisation énergétique de l’exploitation doit se dérouler. Dans la préface, l’objectif de l’optimisation de l’exploitation est décrit dans les termes suivants: «Seule l’exploitation correcte des installations et des appareils techniques dans les bâtiments existants permet d’augmenter considérablement l’efficacité énergétique. (...) La présente fiche technique clarifie comment les optimisations de l’exploitation énergétique se déroulent, les conditions requises et les approches prometteuses.» Ce faisant, la réduction de la consommation énergétique est l’un des nombreux objectifs. Globalement, il s’agit d’adapter l’exploitation des installations à l’utilisation ou à la demande réelle et de l’adapter en conséquence, ainsi que de déterminer, définir, introduire et maintenir en permanence le mode de fonctionnement optimal en termes d’énergie, comme l’indique la brochure SIA.
Une optimisation de l’exploitation énergétique est déjà la norme dans les très grands biens immobiliers. Une surveillance permanente est indiquée ici du seul fait que les économies ont un impact notable sur les frais liés à l’énergie. Dans les bâtiments résidentiels et commerciaux de taille moyenne, les optimisations opérationnelles ne sont pas encore réalisées de manière permanente. En règle générale, ils ne sont que ponctuellement ordonnancés, par exemple après un assainissement dans le cadre de la réception de la garantie. La dépense financière explique cette réserve: une optimisation énergétique unique de l’exploitation sur les objets de taille moyenne génère typiquement des coûts d’un ordre de 2000 à 5000 francs. Pour un propriétaire immobilier, cette dépense est intéressante uniquement si elle lui permet en contrepartie d’économiser au moins le même montant en énergie.

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