Le gaz pour la sécurité

Michael Staub /

Pour assurer en toute sécurité le service d’exploitation hivernal, les chemins de fer fédéraux utilisent de nombreux appareils de chauffage pour les aiguillages. Les CFF testent actuellement le potentiel de la géothermie dans le cadre d’un projet pilote. La pompe à chaleur pourrait un jour remplacer les modèles à gaz et électriques.

La gare d’Eschenbach (LU) est située sur la ligne du Seetalbahn Lucerne–Lenzburg. Depuis l’hiver 2017-2018, les CFF testent le premier système de chauffage géothermique ponctuel sur le sol suisse. Deux sondes géothermiques qui atteignent une profondeur de 120 mètres sont utilisées. Elles sont raccordées à une pompe à chaleur Weider SW300. Selon les données du fabricant, avec une puissance calorifique de 22,5 kW, elle donne une température de départ de 35 °C, le COP est de 4,3. A une température de départ de 55 °C, la pompe à chaleur doit avoir un rendement calorifique de 19,4 kW et un COP de 2,7.
«Les valeurs réelles vont changer au cours des deux prochaines années en activité», déclare Matthias Rücker, spécialiste énergétique des CFF. Pour assurer la fiabilité et l’efficacité énergétique, l’installation dispose de beaucoup de techniques et des systèmes de mesures sont installés: compteurs d’électricité et de chaleur et capteurs de température pour les sondes. Le système de chauffage d’appoint est contrôlé par une station météorologique locale, qui transmet la température de l’air ainsi que le degré d’humidité et détecte optiquement les précipitations. En plus, il y a un capteur pour précipitation de neige et deux sondes de température qui ont été installés au niveau du rail. Le système fonctionne automatiquement et peut être contrôlé à distance via une application. Les messages de défauts et d’erreurs sont automatiquement transmis par GSM au centre de contrôle Mitte, le «super interverrouillage» de la station d’Olten. Le système tire son énergie électrique, à 3×400/230 V 50 Hz, d’une prise de courant dans la salle électrique de la station.

Charbon, gaz, géothermie
Les premiers appareils de chauffage d’appoint documentés étaient alimentés avec des briquettes de charbon, ils étaient placés dans des conteneurs spéciaux. Jusqu’en 1958, la Deutsche Bundesbahn qui exploite les chemins de fer allemands, utilisait 10 000 chauffages de ce type. En Italie, le FS avait déjà 1200 appareils de chauffage électrique d’appoint en fonctionnement. A partir de 1961 et pour la première fois, le système de chauffage infrarouge a été testé en Suisse, dans une installation pilote à Göschenen (voir encadré). La chaleur d’un brûleur à gaz était transmise aux rails par des plaques céramiques perforées. Puis à partir de 1963, les CFF ont successivement augmenté le nombre de chauffages d’appoint sur les lignes importantes. En 1964, à Göschenen, il y avait déjà 42 points alimentés avec la nouvelle technique de chauffage.
Aujourd’hui, les CFF exploitent environ 7400 appareils de chauffage d’appoint. Cela signifie qu’environ un aiguillage CFF sur deux est équipé d’un tel système. Le nombre de postes chauffés n’est pas fixe. «Le réseau ferroviaire est constamment sous surveillance», explique Daniel Föhn, Life Cycle Manager aux CFF. «Si des points critiques sont détectés, nous pouvons les améliorer. En plus du chauffage, il pourrait également s’agir de nouvelles mesures structurelles, ce que nous examinons actuellement.»

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