La géothermie est un travail fastidieux

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En Suisse, il faut accorder au contexte social d’un projet géothermique une pondération plus forte. C’est à cette conclusion que parvient Olivier Ejderyan de l’EPF Zurich. Une implication réelle de la population et la démonstration d’un avantage local sont, entre autres, décisifs pour le succès d’un projet.

Olivier Ejderyan, comment évaluez-vous de manière générale l’acceptation dela géothermie par la population suisse?

Olivier Ejderyan: Là, il faut faire des distinctions. La géothermie en tant que forme d’énergie est en majorité perçue positivement, en Suisse romande encore plus qu’en Suisse alémanique. Les arguments positifs – ressources locales, réduction des émissions de CO2 et la contribution connexe à la Stratégie énergétique 2050 – se reflètent également dans les comptes-rendus médiatique. Il est intéressant de voir que les aspects négatifs prédominent – avant tout les risques – dans la couverture médiatique quand des projets concrets sont thématisés.

Pourquoi est-ce comme cela?

En relation avec la géothermie, de nombreuses personnes pensent encore à Bâle ou à Saint-Gall. Les médias font toujours aussi une comparaison avec ces projets. Un soi-disant «cadrage» («framing») a lieu. Concrètement, cela veut dire que les médias prédéfinissent un cadre pour le débat. Au sein de ce cadre, les gens songent, dans cet exemple, de façon disproportionnée au risque sismique.

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