SICC

Congrès annuel du groupe professionnel Technique

Discussion autour du podium, de gauche à droite: Matthias Kohler, EPFZ Zurich; Paul Curschellas, président de buildingSMART Suisse; Philipp Dohmen, Drees & Sommer Suisse; Marco Waldhauser, Waldhauser + Hermann AG; Marie-Theres Caratsch, Haute école de Lucerne Technique & Architecture. (Photos: Larissa Wenger)
Plus de 100 partici-pantes et participants au Congrès annuel du groupe professionnel de la SIA Technique.(Photo: Martin Denz)
Larissa Wenger, Médias imprimés SICC /

Le Building Information Modeling (BIM) est une méthode numérique de planification, réalisation et gestion. De tels modèles virtuels de bâtiments sont déjà utilisés de longue date dans l’environnement international. Les expériences de l’étranger montrent que le BIM permet d’atteindre une qualité supérieure, des coûts inférieurs, ainsi que des durées de planification et réalisation plus courtes.

Accroître la compétitivité
Le congrès annuel du groupe professionnel SIA Technique a eu lieu le 19 septembre 2013 à Lucerne. Plus de 100 participantes et participants ont suivi cette manifestation placée sous le thème «Coordination spécialisée avec le BIM». Le directeur du congrès Jobst Willers, président du groupe professionnel Technique de la SIA, a souligné que l’attribution de mandats dépendrait de plus en plus de la demande de BIM par les maîtres d’ouvrages. Ceci aura naturellement une influence considérable sur la compétitivité des bureaux de planification suisses.

Quelles sont les compétences demandées?
«La planification et le processus de planification deviendront à l’avenir de plus en plus complexes», tel est l’avis d’Urs-Peter Menti, chef du centre de technique intégrale du bâtiment. Des coordinateurs BIM sont nécessaires pour maîtriser cette complexité. On a besoin de personnes connaissant les différents composants et appréhendant le bâtiment comme un système et comme une partie d’un système supérieur. D’autre part il devrait s’agir de spécialistes particulièrement formés, pouvant mettre en œuvre de façon ciblée les outils disponibles dans l’avenir.

Contrôles de collision convaincants
Marco Waldhauser, vice-président de la SICC, a souligné que les avantages résultant du BIM étaient importants pour la coordination. Le bureau Waldhauser + Hermann a en conséquence investi dans le BIM et y a déjà fait appel dans certains cas, même lorsque le maître de l’ouvrage ne le demandait pas expressément.
La technique du bâtiment entend sous BIM des modèles digitaux basés sur une banque de données, une planification 3D continue, de même que des calculs spécifiques sur la base de modèles de données communs, pour ne mentionner que quelques aspects. Différentes simulations, analyses et visualisations constituent par exemple des applications intégrées. Les applications pour la coordination des conduites et lignes sont particulièrement utiles et impressionnantes: les collisions de lignes et conduites sont automatiquement indiquées et apparaissent clairement. D’autre part le coordinateur peut corriger de telles erreurs directement dans le modèle.

«Boum» plutôt que boom?
Une présence dans les médias, un soutien par les associations et sociétés, de même que des informations sur la situation à l’étranger sont particulièrement importants pour que le BIM connaisse plus de succès en Suisse. Une formation ciblée des coordinateurs BIM, des formations dans les domaines des applications CAD et des outils de calcul sont également incontournables. Par ailleurs des projets pilotes doivent être mis en œuvre et un manuel BIM élaboré.
Avec le BIM, nous construirons vraisemblablement pour un coût plus avantageux, mais la méthode est malheureusement encore insuffisamment appliquée. La branche suisse de la construction va visiblement trop bien. Par exemple le BIM n’a connu de succès en Scandinavie qu’après la crise économique. Il est également possible qu’un «boum» plutôt qu’un boom soit nécessaire en Suisse.