Un manque chronique...Le manque d’ouvriers qualifiés se fait toujours sentir.
Le nombre d’apprentis reste insuffisant.
Le niveau de formation des jeunes laisse à désirer.
Pour la génération «;à tablette» (iPad, iTouch, iPhone), Super Mario est le héros d’un jeu vidéo. Son métier
d’installateur sanitaire ne fait que peu d’émules.
En ce qui concerne le niveau des jeunes, voici toutefois une bonne nouvelle: cette rentrée scolaire impose le
programme HARMOS et 11 ans d’école obligatoire. Les petits jumeaux Moret (enfants du soussigné) font partie
des premières victimes ou des premiers privilégiés, c’est selon. Dans leur chambre, après la première demijournée,
ils jouaient déjà à l’école, imitant la sonnerie de la récréation (comme premier acquis social)!
Où aller chercher les professionnels du métier?En Suisse alémanique, il n’est plus rare d’entendre des installateurs parler le «;Hochdeutsch». C’est bien normal: ils atténuent le manque de main-d’oeuvre dans notre pays et souhaitent bénéficier d’un niveau salarial atteignant parfois le double de ce qu’ils gagnent en Allemagne. La cherté du franc pourrait freiner quelque peu les activités dans la construction, mais les taux de change attirent davantage de frontaliers. Autre préoccupation: selon la courbe démographique, de moins en moins de jeunes sortiront de l’école. En d’autres termes, le nombre d’apprentis potentiels est lui aussi en diminution. Déficit de relève en Suisse, alors faut-il aller la chercher en Alsace, en Albanie ou en Pologne?
Peu de perspectives d’avenir ailleursLe manque de débouchés pour les jeunes nord-africains a conduit aux révolutions du printemps arabe. Mais pas besoin d’aller si loin: le taux de chômage des moins de 25 ans dépasse 10 % en Allemagne, 21,5 % en France, 31,5 % en Irlande et même 44,5 % en Espagne… contre 2,4 % dans notre pays. La Suisse est un eldorado, mais pas (encore) pour les lavabos. Bien que la Suisse soit privilégiée économiquement dans une Europe à la peine, ces statistiques parlent pour notre système dual, envié loin à la ronde.
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Freddy MoretEditorialiste en formation continue